Ville de Québec #2

Québec, place forte et port (1756-1867)

Sous les bombes

En juin 1759, le général britannique James Wolfe arrive à Québec pour prendre la ville. À bord de sa flotte imposante, près de 150 navires, 13 500 marins et hommes d’équipage ainsi qu’une armée de 8 500 soldats. Le lieutenant général français Louis-Joseph de Montcalm assure la défense de la ville et commande de son côté près de 15 000 hommes.

À partir de juillet, quelque 1 900 canons britanniques bombardent la ville sans relâche. Environ 15 000 bombes et boulets tombent sur Québec, forçant les habitants à fuir. La ville résiste néanmoins pendant des semaines. Mais dans la nuit du 12 au 13 septembre, 4 500 soldats britanniques escaladent le cap Diamant à la hauteur de l’anse au Foulon. Wolfe aligne ses hommes là où se trouve aujourd’hui le Musée national des beaux-arts du Québec. Informé, Montcalm quitte son camp de Beauport avec 4 500 soldats réguliers et 2 000 miliciens et Amérindiens. Les troupes françaises se déploient là où sont aujourd’hui les tours Martello. C’est l’affrontement. Une demi-heure suffit à mettre l’armée française en déroute. Dans chacun des camps, environ 650 personnes sont tuées ou blessées. Les deux généraux eux-mêmes perdent la vie. Cinq jours plus tard, Québec capitule.

Au printemps suivant, 7 000 soldats français partis de Montréal marchent vers Québec sous les ordres du duc de Lévis. Devant eux, 4 000 hommes commandés par James Murray. Les Français remportent ce qu’on appelle la bataille de Sainte-Foy. Lévis établit son camp et attend des renforts de France pour reprendre la ville. Malheureusement pour les Français, les premiers navires à se pointer en mai battent pavillon anglais. Lévis se retire à Montréal, qui capitule à son tour, en septembre 1760. Québec devient la capitale de la Province of Quebec, une colonie britannique.

Un monument commémoratif

En 1852, des ossements sont découverts et attribués aux soldats français et anglais morts lors de la bataille de Sainte-Foy. Le 18 juillet 1855 se tient une cérémonie d’inhumation où l’on pose la pierre angulaire du monument des Braves. Inauguré en 1863, ce monument se trouve aujourd’hui sur le chemin Sainte-Foy, face à l’avenue des Braves.

P1380418

Derrière les murs de la forteresse

Les conquérants craignent une tentative française de reprise de la colonie et une révolte des habitants de Québec. Ils intensifient le caractère défensif de la ville. Des corps de garde, postés à chacune des portes de la ville, surveillent les allées et venues des citoyens. Après l’invasion américaine de 1775, qui vise à libérer les Canadiens du joug britannique, les Anglais érigent de nouveaux ouvrages défensifs. Les tours Martello, et surtout la citadelle bâtie entre 1819 et 1832, consacrent le statut de place forte de Québec.

Que de bois!

La première moitié du 19e siècle est l’âge d’or du commerce du bois et de la construction navale. Le port de Québec se classe au troisième rang des ports d’Amérique, après ceux de New York et de La Nouvelle-Orléans. Il doit cette situation au blocus continental de 1806 imposé par Napoléon Ier, qui empêche la Grande-Bretagne d’accéder aux ports de la Baltique et donc de s’y approvisionner en bois.

Pas moins de 26 anses sont aménagées entre Montmorency et Cap-Rouge pour l’industrie du bois. Les propriétaires, de riches marchands d’origine anglaise et écossaise, embauchent des milliers d’ouvriers canadiens-français et irlandais qui s’affairent à la construction navale, à l’équarrissage du bois ainsi qu’au chargement et au déchargement des navires.

Il était un petit navire…

Construit à Québec, le Royal William devient, en 1833, le premier bateau à vapeur canadien à traverser l’Atlantique. La maquette du navire est conservée à la bibliothèque de la Literary and Historical Society of Quebec. Le Musée national des beaux-arts du Québec en possède une représentation datant de 1834, qui est considérée comme le plus ancien des portraits de bateau conservés au musée.

Un marchand de bois avant-gardiste

John Munn fils possède un des plus importants chantiers navals de Saint-Roch: entre 1821 et 1857, près de 100 bateaux y sont construits. Munn fait bâtir des maisons de pierres sur le terrain de sa propre résidence pour loger ses employés. Ce concept de maisons ouvrières constitue une première au Canada.

Le rendez-vous des touristes

Peu à peu, la vocation touristique de Québec se développe. Les premiers guides touristiques, publiés dans les années 1820, misent sensiblement sur les mêmes attraits qu’aujourd’hui, comme les fortifications et les portes. La chute Kabir Kouba de la rivière Saint-Charles et la chute Montmorency sont l’objet d’excursions fort prisées.

Au temps des péages

Au 19e siècle, les chemins et les ponts relèvent du domaine privé et les barrières à péage font partie du décor familier. Différents tarifs s’appliquent selon le type de voiture et le nombre de chevaux. Des droits de passage sont aussi imposés aux «indisciplinés» troupeaux de moutons, de porcs ou de bêtes à cornes. En juin 1860, une majoration des tarifs provoque la colère de milliers de gens, qui jettent à la rivière Saint-Charles les tourniquets nouvellement installés.

Une expression célèbre

Québec est souvent surnommée «le Gibraltar d’Amérique». On doit cette image évocatrice à Charles Dickens, auteur du célèbre Oliver Twist, en visite à Québec en 1842.

Le spectre du choléra

À l’été 1832, une terrible épidémie de choléra fait plus de 3 000 victimes à Québec. En 1834, pour mieux se protéger de ce fléau, on construit l’hôpital de la Marine à la Pointe-aux-Lièvres, sur l’emplacement de l’actuelle Agence du revenu du Canada. À l’époque, l’hôpital est considéré comme l’un des plus beaux et des plus imposants édifices de Québec ; ses formes architecturales rappellent l’Antiquité grecque.

Au feu!

Un autre fléau hante Québec depuis toujours : le feu. Le 28 mai 1845, les flammes détruisent le quartier Saint-Roch: 1 630 habitations et magasins et plus de 3 000 boutiques et hangars flambent, jetant 1 200 personnes à la rue et causant 50 décès. Près des deux tiers des habitations du quartier s’envolent en fumée. Un mois plus tard, le quartier Saint-Jean-Baptiste y passe: 2 églises, 3 écoles, 1 300 maisons incendiées et des milliers de sans-abri. Des écrits de l’époque relatent que les flammes pouvaient être perçues de Trois-Rivières! Malgré la création en 1858 d’un service permanent de pompiers, d’autres brasiers importants frapperont différents quartiers de Québec en 1866, 1870, 1876, 1881 et 1889.

La valse des capitales

L’Acte constitutionnel de 1791 fait de Québec la capitale du Bas-Canada, correspondant à la partie sud de la province de Québec actuelle. L’Acte d’Union crée le Canada-Uni en 1840. S’ouvre alors entre les villes de Kingston, Montréal, Toronto et Québec une vraie valse pour le titre de capitale du Canada. De 1851 à 1855 et de 1860 à 1865, Québec est la capitale provisoire du Canada-Uni.

« Le plus beau de tous les parlements »

Le palais épiscopal – résidence de l’évêque –, construit de 1693 à 1695 sur le site de l’actuel parc Montmorency, est loué à partir de 1792 par le gouvernement. Devenu propriétaire en 1830, le gouvernement le transforme en parlement. Au tournant des années 1850 est terminée la reconstruction de l’édifice, décrit comme le plus beau de l’Empire britannique. Malheureusement, ce parlement est la proie des flammes en 1854. Il est remplacé par un parlement-bureau de poste inauguré en 1860, qui sera aussi détruit par le feu en 1883.

Une institution phare

En 1851, les évêques catholiques veulent que les Canadiens de langue française aient leur université. L’Université Laval naît un an plus tard, grâce au Séminaire de Québec – qui dispose des ressources financières et humaines nécessaires. Sa charte statue qu’elle aura quatre facultés: arts, droit, médecine et théologie. Dix ans après sa création, l’université compte 70 étudiants. Les premières facultés logent dans le Vieux-Québec, à proximité de l’actuelle basilique de Québec.

Bonjour, Monsieur le maire

D’abord administrée par des juges de paix nommés par le gouverneur, Québec est dotée d’une charte en 1832. Elle peut désormais élire son premier conseil municipal, dirigé par le maire Elzéar Bédard (1833-1834). La première grande réalisation de l’administration municipale est l’aqueduc, inauguré en 1854 et considéré comme l’un des meilleurs en Amérique. C’est la fin des porteurs d’eau, qui se ravitaillaient dans la rivière Saint-Charles et le fleuve.

Des entreprises à la rescousse

À partir des années 1860, Québec vit un ralentissement économique. L’Angleterre a trouvé de nouvelles sources d’approvisionnement en bois. L’apparition des navires à coque d’acier met fin à la construction de grands voiliers. Les travaux de dragage du fleuve Saint-Laurent et l’ouverture du chenal du lac Saint-Pierre permettent aux navires d’accéder à Montréal sans s’arrêter à Québec. Pour s’adapter à cette situation, Québec doit diversifier son économie. Des manufactures de chaussures s’installent dans Saint-Roch. D’autres entreprises contribuent à la diversification économique, dont certaines existent encore aujourd’hui : le magasin Simons (1840), la pharmacie Brunet (1855), le magasin de fourrures J. B. Laliberté (1867) en sont des exemples.

(Source : site de la ville de Québec / photographies : Tarek)

Publicités

Une réponse à “Ville de Québec #2

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s